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L’UE met sa stratégie d’union toujours plus étroite en suspens

Alors que l’UE s’apprête à célébrer son 60ème anniversaire, le principe de « plus d’Europe » perd du terrain face aux multiples crises et à la montée du populisme.

Lors d’une séance plénière au Parlement européen en 2009, le président tchèque Vaclav Klaus s’était fait huer par les eurodéputés, car il avait osé remettre en question le principe d’union toujours plus étroite, énoncé dans les traités.

Photo : European Commission

« Ne nous permettons pas de vivre une situation où les citoyens des États membres vivraient avec le sentiment résigné que le projet européen n’est pas le leur », avait-il déclaré.

Quelques années plus tard, le président eurosceptique peut en partie crier victoire, puisque « l’acceptation sans condition de son dogme » est en train d’être démantelée.

Depuis la fondation de l’Union européenne en 1957, ses partisans ont toujours défendu « plus d’Europe » face aux défis de l’après-Seconde Guerre mondiale. Même s’il s’agissait d’un projet élitiste, les citoyens ont fini par monter à bord alors que les promesses de paix et de prospérité devenaient réalité.

Aujourd’hui, la grande récession ainsi que les crises bancaires et de la dette ont rompu le pacte tacite entre les dirigeants et les électeurs.

Ainsi, les États membres et les institutions européennes souhaitent désormais une « meilleure Europe », c’est-à-dire des projets d’investissement, importants pour les citoyens.

Mais la finalisation du marché unique numérique (la priorité de Bruxelles et de Berlin), la fin des frais d’itinérance et les pass InterRail gratuit sont loin d’être les premières préoccupations des Européens.

Crise existentielle

L’UE se trouve dans une « crise existentielle » a déclaré le président de la Commission, Jean-Claude Juncker durant son discours sur l’état de l’Union en septembre. « Nous avons besoin de solutions pour l’Europe et nous nous trouvons dans une situation critique », a commenté la chancelière allemande Angela Merkel quelques jours plus tard à Bratislava.

European Parliament - Strasbourg

La crise a plusieurs visages : croissance atone, taux de chômage élevé, crise des réfugiés mal gérée, tensions avec la Russie, terrorisme, soutien en berne pour les institutions de l’UE et désintégration du bloc après le référendum britannique.

La réponse des dirigeants à cette myriade de défis, et en particulier au Brexit, n’a été que « l’esprit de Bratislava ». Un « esprit de coopération » décrit par la chancelière allemande Angela Merkel.

Néanmoins, pour certains dirigeants autour de la table, réaffirmer que l’union à (désormais) 27 était toujours une union n’était pas suffisant.

« Je ne sais pas à quoi Merkel fait référence quand elle parle de cet « esprit de Bratislava », a déclaré le Premier ministre italien Matteo Renzi, dans une interview après le sommet de Bratislava.

« Si les choses continuent comme ça, au lieu de parler de l’esprit de Bratislava on parlera du fantôme de l’Europe », a-t-il commenté, frustré par le manque d’action pour revigorer la production industrielle et faire face à la crise migratoire.

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